Lorsque l’on pose la question suivante aux gens : « Avez-vous pensé à la somme qu’il vous sera nécessaire pour prendre votre retraite », les études démontrent que plusieurs n’en ont aucune idée. Les plus jeunes, ceux de 25 – 40 ans sont à bâtir une famille. Leurs priorités sont la maison, le divertissement, les voitures, l’éducation. Il en reste peu pour l’économie. À 45 – 50 ans, certains commencent à y songer beaucoup plus sérieusement. Mais lorsqu’on leur demande si le temps est venu pour eux de planifier et mettre les chiffres sur papier, ils répondent souvent qu’ils ont encore du temps devant eux. Ils pensent que 10, 15 ou 20 ans, c’est bien assez long et qu’ils pourront y voir plus tard. Et pourtant…
Les chiffres parlent d’eux-mêmes
Début des contributions à… Taux de rendement 6%
25 ans 137 360
35 ans 67 629
45 ans 28 691
La retraite en question
Lorsqu’on songe à la transition qui aura lieu arrivé à la retraite, plusieurs questions viennent à l’esprit. À quel âge aimerais-je prendre ma retraite? À quel style de vie est-ce que j’aspire? Pendant combien d’année pourrai-je compter sur mon pécule? Aurai-je suffisamment d’argent pour subvenir à mes besoins? Pourrai-je m’offrir quelques voyages, quelques plaisirs?
Et conjointement à ces questions, une autre tout aussi importante s’impose : « Quelle sera l’incidence de l’évolution du coût de la vie sur mes épargnes? »
La situation financière de chacun a ses propres particularités. Pour répondre à toutes ces questions, il faut prendre le temps, s’arrêter, et réfléchir. C’est le début de la planification. Un exercice crucial.
Plus simple que l’on pense
L’une des façons les plus simples d’établir notre revenu nécessaire à la retraite est de l’évaluer à l’équivalent de 70% de notre revenu gagné pendant nos dernières années actives.
Pourquoi? Parce que certaines dépenses seront diminuées (impôt, transport, vêtements) ou éliminées (cotisations RRQ, REER, professionnelles, assurance-emploi, etc). Par contre, pour plusieurs quelques dépenses seront probablement augmentées (activités récréatives, voyages, soins de santé).
Les régimes gouvernementaux (RRQ, Sécurité de la vieillesse) couvriront une partie seulement du revenu nécessaire. Certains ont également accès à un régime de pension avec leur employeur. Mais pour bon nombre de travailleurs, ces régimes ne suffiront pas à combler tous les besoins. Chacun est donc responsable de voir à son propre confort et bien-être.
Quant à la règle du 70%, elle ne s’applique pas dans tous les cas. Encore une fois, à chacun ses particularités.
Au-delà de la planification de la retraite
Au-delà des chiffres, bien d’autres aspects de la planification méritent que l’on s’y attarde.
• Ai-je suffisamment, ou trop (eh oui, c’est plus souvent le cas!) d’assurance-vie?
• Mon testament est-il à jour?
• Qu’en est-il de ce fameux mandat d’inaptitude que je me promets de rédiger depuis longtemps?
• Mes documents importants sont-ils regroupés, bien identifiés?
• Et la liste des professionnels avec qui je traite est-elle établie et facile d’accès pour mes proches?
Agir aujourd’hui
En matière de planification, il est sage de s’y prendre bien des années à l’avance. Avoir un plan, construire, revoir le plan, son évolution, et s’ajuster en conséquence.
Pourquoi remettre à demain? Planifier aujourd’hui permet d’avoir l’esprit tranquille. Se donner une direction, un objectif, c’est comme s’offrir une sécurité pour l’avenir.
Je vous souhaite un très bel été!
Stéphan Morin
Pascale Imbeau
Juin 2008
Stéphan Morin est comptable agréé et conseiller en placement. Il se spécialise dans la gestion des actifs financiers et s’intéresse aux stratégies d’investissements permettant d’accroître le rendement de manière sécuritaire.